Concepts

notions-clé et questions fréquentes

Page –

Cette page recense les notions-clé et questions qui reviennent fréquemment. N’hésitez pas à commencer votre lecture par ici !

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

A

Anticapitaliste

Le mot fait peur à certains, engendre des sourires condescendants chez d’autres, des troisièmes l’assument simplement, les quatrièmes s’inquiètent d’un retour à l’URSS… Le terme est sensible, c’est une certitude.

Si le terme “capitalisme” désigne avant tout un système reposant sur la propriété privée des moyens de production (c’est-à-dire où les moyens de production et d'échange n'appartiennent pas à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail), et sur une dynamique d’accumulation fondée sur la recherche du profit, que signifie être « anticapitaliste » pour les Rad!cales ?

Il s’agit de réexaminer les modes de production et de consommation, de vouloir sortir du consumérisme et du dogme de la croissance qui épuisent notre planète, de changer les rapports monétaires, marchands et salariaux, d’affirmer que le sens de la vie humaine est beaucoup plus vaste que la visée de l’accumulation. En somme, c’est retrouver notre esprit critique et contestataire d’un système à bout de souffle, renouveler notre capacité imaginative pour créer un autre monde.

Si nous admettons bien volontiers de ne pas avoir la totalité des réponses économiques complexes soulevées par la question d’une transition écologique efficace, nous traçons néanmoins vaillamment notre chemin pour apporter notre énergie collective à ce monde en changement.

Arts and Crafts

Ce mouvement apparu en Angleterre au XIXe fut une réaction à l'industrialisation de la production et à la baisse de la qualité des biens matériels. Les précurseurs de ce mouvement, John Ruskin et William Morris, ont été influencés par les Romantiques et l'idéal socialiste apporté par les écrits de Marx. Ils ont, dès lors, fait la promotion de la supériorité des objets, tapisseries, papiers peints etc., faits main, produits localement et de manière vernaculaire. La valeur de ces objets était définie par le plaisir procuré à l'artisan·e qui les fabrique. Les objets se caractérisaient par des formes simples, inspirées par la Nature puis par la mythologie, principalement nordique et gaélique. Avec l'apparition du mouvement, c'est le grand retour des guildes d'artisans et de communautés de production alors disparues depuis le Moyen Âge.

Le but principal de ce mouvement fut de proposer des biens de bonne qualité et bon marché à la classe ouvrière. Malheureusement, la fabrication artisanale étant coûteuse, seules la classe supérieure et la nouvelle classe moyenne purent avoir accès à de tels biens. Ce qui fera dire à Morris en fin de vie : « Ce n'est pas telle ou telle machine tangible d'acier et de laiton dont nous voulons nous débarrasser, mais de la grande et intangible machine de la tyrannie commerciale, qui oppresse nos vies. »

B

Bauhaus

Le Bauhaus est un mouvement des arts appliqués qui aspire à une collaboration des arts plastiques, de l’industrie et de l’artisanat. Lorsque Walter Gropius fonde l’école du Bauhaus à Weimar en 1919, il aspire à former des technicien·nes qui mêlent les valeurs sociales et plastiques de leur temps. L’apprentissage est pensé sur un dialogue entre artistes, artisan·nes, penseur·euses. L’objectif est d’exprimer les techniques en équilibre avec les qualités et sensibilités humaines du début du XXe siècle. Au delà de leurs créations, le Bauhaus était un système d’éducation expérimental dans lequel l’apprentissage, le faire et la vie n’étaient pas cloisonnés. Il était un exemple de lieu de création qui proposait un imaginaire matériel et social plus qualitatif.

C

D

Design & Designers

Par « designers », nous envisageons tous les praticien.nes du design, entendu au sens large, c’est-à-dire les professionnel.les des métiers suivants, cités de manière non exhaustive : scénographe, architecte, graphiste, paysagiste, muséographe, illustrateur.rice, concepteur.rice lumière, concepteur.rice numérique, typographe, créateur.rice textile, designer stratégique, designer de services, artiste et artisan.e, etc.

Si le design prend de multiples formes et s’inscrit dans de nombreux secteurs et spécialités, cette activité repose fondamentalement sur la « mise en forme du sens », c’est-à-dire l’inscription matérielle dans les objets (au sens large) de sens et de valeurs : les designers inscrivent un dessein (un sens, une finalité) dans un dessin (une forme, un dispositif). Au sein d’un projet, les designers synthétisent de multiples dimensions (esthétiques, symboliques, usuelles, scientifiques, techniques, matérielles, sonores, etc.).

Pour cette raison, on dit des designers que leur activité à pour objet de « maintenir ou améliorer l’habitabilité du monde » (Findelli): en tant que concepteur.rices, nous sommes responsables du monde d’aujourd’hui et de demain.

Or, aujourd’hui, « l’habitabilité du monde » contemporain et du monde futur est menacée. Pour les Rad!cales, nous devons agir en tant que designers afin de réinterroger nos pratiques de conception, notre vision du monde et le sens que nous pouvons inscrire dans nos dispositifs.

E

F

Féministe

Le féminisme désigne le mouvement qui défend l’égalité des droits entre les genres et lutte contre les oppressions que subissent les femmes.

Aujourd'hui, notre système est fondé sur la domination masculine et l’exploitation des femmes. Dans la culture du patriarcat, les femmes sont les premières victimes des inégalités de genre et du changement climatique.

Ces rapports de domination et d’écrasement sont source de souffrance pour les femmes comme pour les hommes. Nous appelons à leur dépassement pour faire naître une égalité radicale.

G

H

I

J

K

L

M

N

O

P

Q

R

Radical

Pour introduire la pensée sur la question de la radicalité, voici une citation de la philosophe Marie José Mondzain (Confiscation, 2017) :« Ne faut-il pas rendre au terme "radicalité" sa beauté virulente et son énergie politique ? Tout est fait aujourd’hui pour identifier la radicalité aux gestes les plus meurtriers et aux opinions les plus asservies. La voici réduite à ne désigner que les convictions doctrinales et les stratégies d’endoctrinement. La radicalité, au contraire, fait appel au courage des ruptures constructives et à l’imagination la plus créatrice. La véritable urgence est bien pour nous celle du combat contre la confiscation des mots, celle des images, et du temps. »

Pour le collectif, la position de la radicalité invite à : - revenir à la racine, à l’essence. - affirmer une détermination nette, celle d’aller jusqu'au bout. - choisir une voie absolue, qui n’accepte pas d’exception ou d’atténuation à ses valeurs fondamentales.

Il s’agit de signifier que le respect du vivant est un principe non négociable. Dès lors, toute conception se doit de respecter cet impératif.

À la question citoyenne qui revient en boucle : « que peut-on faire ? », les Rad!cales répondent en proposant des alternatives d’envergure, crédibles, qui donnent confiance et espoir.

Radicaux italiens

Les radicaux italiens regroupent, à partir des années 1960, différents mouvements d’architecture et de design. Ils constatent l’avènement d’une société néo-capitaliste malgré les promesses du mouvement moderne. Les radicaux proposent que ces disciplines affirment leur rôle idéologique et philosophique, avant celui de production comme fin en soi. C’est un mouvement d’opposition au barbarisme et au primitivisme de la culture industrielle, au culte du bon goût, à l'acculturation des peuples colonisés et principalement à l’asservissement du design et de l’architecture à la machine capitaliste. Ils ont proposé des projets d’architectures utopiques qui nous invitent à penser notre rapport à l’urbanisme et à la ville, mais également des expositions de rupture comme celle du mouvement Memphis à Milan en 1981. C’est un ensemble de groupes qui, sur un vingtaine d’années, ont cherché avant tout à ouvrir les possibles dans les champs du design et de l’architecture.

S

T

U

V

W

X

Y

Z